Profil

  • Je suis écrivain colporteur et vends mes livres en compagnie de mon âne Platon. Je participe à de nombreuses manifestations. J'anime également des conférences en français et en allemand sur le colportage en France et en Europe du 15ème au 20
  • Robert BRUCE et Platon ecrivain colporteur
  • littérature théatre auteur sdf conférencier
  • France littérature Normandie théâtre nouvelles
  • 17/02/1943

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 08:45

L'immeuble, le terme est générique, où j'avais échoué depuis quelques années, porté par un ressac trop violent est un établissement administrativement inclassable.... Compte-tenu de l'insalubrité de ce bâtiment digne de figurer au décor d'un film néoréaliste italien, il faut se frotter les yeux pour ne pas rêver ou croire que cela peut encore exister.

 

En vérité, il s'agit d'un hôtel misérable appelé pudiquement chambre garnie, c'est là que je vis sans l'avoir choisi. Mes voisins, humbles habitants de cette maison d'indigence sans sou ni maille, voyageurs en quarantaine, frêles esquifs portés jusqu'ici par un mauvais coup de roulis, savent de même que les scaphandriers en plongée profonde, qu'ils sont au dernier palier avant le fond pour les uns, au dernier sas avant la rue pour les autres. Plus qu'ailleurs, à tout moment, cet endroit me rend un peu plus vieux à chaque instant.

 

 

...Le hall de l'hôtel éclairé par un faible falot est encastré entre deux immenses portes battantes couleur sang de boeuf. C'est un imposant porche aveugle dont le sol recouvert çà et là d'éclats de gravier et de petits carreaux ocre descellés, crisse et gémit sous vos pas...

 

Derrière les coulisses, tout est pénombre et secret; le premier obstacle, non des moindres, est de réussir à l'aveuglette dans cette obscurité à introduire la clé, puis la tirer à soi jusqu'à faire fibriller et céder délicatement par un habile et sensuel tour de main, la vieille serrure montée à l'envers, désabusée, déflorée et équarquillée par des générations de coquins.

 

A peine la deuxième porte de cet "arrière monde" franchie, apparaît dans la semi-obscurité couleur tabac, la rampe d'escalier dure et brillante comme du bois de loupe, sur laquelle tant d'enfants ont jadis usé leur fond de culotte. Sur le départ de la balustrade en fer forgé, posée comme une récompense, une boule de cristal d'un beau travail, ultime et dernier témoin d'une époque révolue, vit et luit modestement ses derniers instants... Personne dans les étroits passages. Partout dans les couloirs, portes closes et serrures verouillées. Ici, le temps s'est irrémédiablement figé.

 

En gravissant l'escalier, l'odeur familière et putride de graillon, de fèces et d'urine de chat se répand partout. Les vieilles marches fendues à coeur gémissent de douleur, la rampe grince de rancoeur.... De mémoire d'homme, aucun rire, ni chant d'enfant n'a jailli depuis longtemps de ces étroits couloirs. Seuls résonnent, tonnent, sonnent et se propagent d'étage en étage, des souffles trop courts, des râles trop longs, des toux catarrheuses ou les pas d'un vieillard à la fin de son chemin.

 

...Tout en haut, juste sous les toits, les pièces troglodytes mansardées ressemblent davantage aux grottes d'Altamira, les peintures rupestres en moins, qu'à des chambres d'hôtel.... Cette petite communauté presque oubliée, rejetée là-haut comme les vieux meubles au grenier, a vieilli silencieusement entre ces murs en même temps qu'elle perdait ses illusions, puis s'est cramponnée à l'étage au fil des années, se fondant dans le paysage en réglant sa vie égale sur les hasards du jour...

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 10:32

... Non, cette rue querelleuse et populaire n'est pas métaphysique, simplement elle vit, rote et chante sur un autre tempo. La méditation philosophique n'est pas son credo, ses habitants jamais en reste, ne consultent pas l'Officiel des Spectacles ou Télérama pour sortir le samedi soir. A l'heure où dans les beaux quartiers le grand monde s'ennuie, quand les hommes ont du vague à l'âme et quittent les restaurants d'une démarche chaloupée en serrant les femmes plus près, que l'on tire des lignes dans les "grandes surfaces" de 400m2 de l'Avenue Victor Hugo en se finissant au champagne sur les balcons, la rue des 3 Bornes en pleine anomie a le sang qui afflue fort à la tête, les mains chaudes, le pouls trop rapide. Excitée, elle plume ses poules sans les faire crier, pose ses collets et braconne outrageusement jusqu'à satiété. Monte alors du trottoir un sacré charivari, s'agitent des sons et des gens bizarres, se donne dans les cafés et les bars, un récital plus foisonnant que tous les accords et arias de la Scala. Les odeurs mélangées de plats sucrés-salés, canelle, cumin, réglisse, coriandre, musc, iris, gingembre, vanille, anis, safran traversent la rue, entre en résonance avec toutes les langues, se répandent.

 

Dès la nuit tombée, je le sais, se croiseront et se toiseront sans relâche dans ce quartier défavorisé, sans jamais se rencontrer, des générations de paumés, de rejetés et d'immigrés.

 ...Aujourd'hui les hommes ont perdu la raison, ils s'entretuent pour le football et la religion. Pardon ! 

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 11:59

Si j'avais su mieux te parler d'amour

Si j'avais su mieux te prendre dans mes bras

Tu serais sans aucun détour

Revenue bien vite de là-bas

 

Si j'avais su mieux te parler d'amour

Si j'avais su mieux te mettre en émoi

Tu n'aurais pas vécu si long séjour

Dans cette maison si loin de moi

 

Mais je n'ai pas su te parler d'amour

Ni te mettre en émoi

Tu es pourtant venue faire un tour

Et maintenant j'ai perdu la foi

 

Mais je n'ai pas su te parler d'amour

Pas plus que de te prendre dans mes bras

Et si je pleure tout le jour

Il ne faut pas que tu le voies

 

Robert Bruce CANTIQUES A L'AMOUR

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 22:36

Ton amour rouge corbières

Dans cette lettre que je viens de découvrir

M'incite à boire une autre bière

Ta détresse ressemble à mon délire

 

Normand fou que tu fus

Pauvre clown psychopathe

Pétri d'orgueil et de refus

De désespoir et de folie disparate

 

Matelot de triste comédie

Navigateur solitaire des comptoirs de l'amour

As-tu connu dans ta parodie

Le repos banal un seul jour

 

Raconte-moi triste Tristant

Du fond de ta tombe

L'heure, le jour, l'an

Où tu visitas Iseult pudibonde

 

Dis-moi poète maudit

Que tu jouais à rimer

Que rien là-haut n'est inscrit

Et que tu voulais désarmer

 

Avoue enfin que tu as menti

Que la vie est si belle

Que maintenant tu t'es repenti

D'avoir causé douleur si cruelle

 

Robert Bruce CANTIQUES A L'AMOUR 

 

 

 

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 14:15

 

 

Elle était mon amante

Passionnée, soeur aimante

La mère de mes caprices

Elle était toutes les vertus, tous les sévices

 

Elle était lac paisible

Dévergondée, force invincible

Océan de révolte et de rage

Elle était pluie douce et violent orage

 

Elle n'avait pas froid aux yeux

Connaissait les mers et tous les cieux

Insolente, parfois timide

Elle folle, souvent lucide

 

Elle était noyée dans la foule

Se plaisait sur la houle

Insolente, parfois volontaire

Elle était gaie, ne savait se taire

 

Elle était chanteuse des rues

De goualantes maintenant disparues

Putain ou femme du monde

Elle s'égarait souvent à la ronde

 

Elle était toujours hantée d'ailleurs

Pour le pire et pour tous les meilleurs

Naïve, croyait en l'éternité

Elle n'est plus, on l'a prise

LIBERTE

 

Poème extrait de " Cantiques à l'Amour"

Robert bruce

 

 

 

 

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 15:08

Etablissons d'abord que toutes les passions relèvent de la Folie. D'ailleurs, tout le monde est d'accord pour dire que le fou et le sage se distinguent par le fait que le premier est gouverné par les passions et le second par la raison. Voilà pourquoi les stoïciens écartent du sage tous les affects, comme autant de maladie. ( Quelle folie ). Mais les sentiments sont pourtant les pédagogues qui nous guident vers le port de la sagesse. Et en ce qui concerne la vertu, ils nous aiguillonnent aussi, en nous poussant à faire du bien.....

 

Sénèque, un homme de ce genre, on le fuira comme un monstre ou un fantôme. Il est sourd à tous les sentiments naturels. L'amour ni la pitié ne le touchent. Il scrute tout, mesure tout au cordeau. Il ne pardonne rien et il est satisfait de lui-même. Lui seul est riche et en bonne santé, lui seul est roi, lui seul est libre. En un mot, il est tout à lui tout seul...

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 09:30

Hier, à Bacqueville-en-Caux, mon village d'adoption depuis plusieurs années, la vieille maxime populaire qui dit que nul n'est prophète en son pays, s'est vérifiée une fois encore.

 

Pourtant, j'avais préparé ma table de dédicace en grand, avec pas moins de 8 titres tels que romans, essai philosophique, nouvelles, carnets de voyage, et même une BD dans laquelle Platon, mon âne préféré est l'acteur principal.

 

Rien n'y fit. Ils sont passés à côté de mon stand d'un air indifférent, au pire dédaigneux, sans y prêter la moindre attention.

 

Bien qu'un peu désabusé aujourd'hui, cette indifférence d'un certain public vis-à-vis du livre n'entamera jamais ma conviction profonde, ma conviction  secrète de ce à quoi je pense, de ce à quoi je crois, de ce à quoi se rattachent mes adhésions spirituelles et culturelles, je veux parler de l'écriture et du livre. Pourtant, malgré ces échecs, je recommencerai encore, et encore, et toujours...

 

L'essentiel, n'est-il pas de semer aux vents d'orient, d'occident, d'autan, ces petites graines d'où germera un jour l'espoir.

 

 

 

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON - Publié dans : actualité de Robert BRUCE
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 09:23

Samedi 16 décembre 2011, je participerai au marché de Noël de ma commune de Bacqueville-en-Caux, située environ à 18 km de Dieppe. Cette manifestation est ouverte de 10 h à 22 h sans interruption. Il y a fort longtemps que je n'avais plus participé à cet évènement pour des raisons diverses. C'est l'occasion de vérifier si la vieille maxime populaire qui prétend que nul n'est prophète en son pays est toujours vraie.

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 18:38

Chers lecteurs, amies, amis,

 

Si vous passez dimanche 27 novembre entre 10 h et 18 h à Fontaine-le-Bourg ou dans ses environs, je vous invite à me rendre visite au Salon du Livre Normand où je dédicacerai mon dernier opuscule "Par Monts et par Caux III. Si vous n'avez pas de grisbi, rien que des soucis, venez quand même...

 

25 auteurs dédicaceront leurs ouvrages. Vous trouverez près de 1000 titres différents, un espace de livres normands anciens et un espace de livres jeunesse.

 

LE RENDEZ-VOUS ANNUEL DE LA CULTURE NORMANDE organisé par les éditions Le Pucheux, revue d'Histoire et de Traditions Normandes.

 

Robert Bruce

écrivain colporteur

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 11:04

... A vrai dire, je l'ignorais encore, j'étais déjà littéralement et littérairement mort. Je suis un écrivain émotif, toujours sur le qui-vive, un samouraï des mots, un simple allumeur de réverbères manquant totalement de confiance et d'originalité en soi, et non un grantécrivain. Certains confrères au style boursouflé, aux phrases incessantes et alambiquées, aux textes bourrés d'idiomes et surtout aux copains bien installés dans les réseaux, clubs, cercles ou maisons d'édition, réussissent dans des spécialités où j'ai sans cesse échoué.

 

...Chez eux, ils ont plein de bouquins, leurs aides et associés Grevisse, Bescherelle, Bled... sur les étagères, à portée de main. Mondains, ils cotisent à la Maison des Ecrivains, sont invités à des expos et concerts privés. Moi, c'est différent, je n'ai pas d'argent, pas d'abonnement, alors j'écris, j'écris, et j'apprends en même temps.

 

... Le succès littéraire, j'en rêvais à chaque publication. Il ne m'a pourtant jamais souri. Aussi survivais-je avec des bouts de ficelle, en vendant mes ouvrages colorés de mélancolie, ainsi que quelques billets d'humeur par le bouche à oreille. Difficile à Paris, de vivre de chasse et de cueillette... La voie du sommet est étroite et je manquais singulièrement de persévérance.

 

... Je ne glorifiais, ni ne transcendais aucun travail ou effort physique rémunéré. C'est probablement cette théorie et ma folie qui, pour bonne partie furent la cause de mes futurs et incessants ennuis. Pourtant, aux échecs, ce sont bien les fous les plus proches du roi.

Par ROBERT BRUCE ET SON ANE PLATON
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